Le lien

Le lien

A la délivrance
Et aux flots qui s’écoulent.
A la terre mère,
Au ciel le père,
A ce milieu qui m’emplie de joie.
Un instant, une retrouvaille,
Aux liens qui nous unissent,
Si puissants et si doux.

A notre amour.
On se porte, on se supporte,
Et on laisse toujours la porte ouverte.

A la joie, au désir,
Au plaisir d’être ensemble.

La distance est éphémère,
Et le lien nous anime
A tout jamais.

A la magie de ce que l’on ne maîtrise pas,
A tout, à l’univers.
A ce grand, immense, inconnu,
Comme le crépitement d’un feu
Qui jamais ne s’éteint.

Je suis l’arbre qui tend les bras,
Enraciné et léger,
Souple et puissant.
Mon feuillage est une caresse,
Chaque feuille, une sagesse.
La sève coule à nouveau, jaillit.
Mon être irradie, respire, inspire.

A la paix et l’amour,
A ce fil de soi que l’on suit,
A cette vie précieuse que je tisse.

Virginie Scalera

Je rêve

Je rêve

Je rêve d’un temps suspendu,
Comme une fenêtre ouverte.

Je rêve d’un temps suspendu,
Entre vos lèvres entrouvertes.

Je rêve d’un temps suspendu,
Entre le ciel et la terre.

Je rêve d’un temps suspendu,
Comme un jardin éphémère.

Je rêve d’un temps suspendu,
Entre les gouttes de pluie.

Je rêve d’un temps suspendu,
Où l’on se sent plus que jamais en vie.

Je rêve d’un temps suspendu,
Comme un silence éternel.

Je rêve d’un temps suspendu,
Où le temps déploie ses ailes.

Je rêve d’un temps suspendu,
Comme un petit feu qui ne s’éteint.

Je rêve d’un temps suspendu,
Comme les notes au bout de tes mains.

Je rêve d’un temps suspendu,
Comme une beauté qui se révèle.

Virginie Scalera

Au-delà

Au-delà

Au-delà des cimes légères,
S’écoule le temps,
Comme une rivière.
C’est un passage,
Un tournant,
Une toile vierge.
Une pluie d’étoiles,
Et des déserts aux doigts d’argent.
C’est une lumière,
Une empreinte,
Une plume qui glisse ses mots.
Délecter au creux du cocon,
La rosée du matin me réveille,
Et je m’envole, vers l’infini,
A l’infini.
Je suis la feuille qui tombe
Et fertilise.
Les larmes fleurissent,
Et le temps ne s’achève.
Etre là, ici et maintenant.

Virginie Scalera

Sur la pointe des pieds

Sur la pointe des pieds

C’est sur la pointe des pieds,
Et dans un silence profond
Que j’ai dessiné mes rêves.

C’est avec douleur et incompréhension
Que j’ai hurlé sans trêve.
Un bruit sourd. Inébranlable.

J’ai traversé des terres sombres,
Et perçu des soupçons de lumière,
Implorant seule, une libération certaine.

C’est avec désarroi et conviction
Que je suis repartie sur mes terres.
Mes terres d’enfant, mes terres d’avant.

Avant moi, à l’éveil.

J’ai toujours su.
Mais je n’y ai jamais cru.

Avec efforts, confiance et réconfort,
Avec force et courage,
J’ai redécouvert ma vraie nature,
Assoupie depuis des siècles.
Un sommeil profond, lancinant.

C’est avec douceur et force,
C’est avec grâce que je me suis éveillée,
Une seconde fois,
Une seconde chance,
Une seconde vie.

Comme il est doux de comprendre.
Mon royaume existe.
La beauté rayonne et la pensée est juste.

Les pieds sur terre
Et la tête dans les étoiles,
Je suis ici et ailleurs.
Ce n’est pas un rêve.

Virginie Scalera

Peau de chagrin

Peau de chagrin

J’étais une peau de chagrin,
Un manteau de solitude,
Une peau vieille, dure et tiraillée.

J’étais une peau de chagrin
Qui hurle, recroquevillée,
Pleurant d’incompréhension et de doutes.

J’étais une vieille peau de chagrin,
Imbibée par ses vieux poils gris,
Puants, rêches et morbides.

J’étais cachée sous cette peau
Car je ne trouvais pas ma place.
Pas assez grande, ni trop petite.

J’ai chanté, hurlé, pleuré mon malheur à moi-même,
Sans que personne ne l’entende,
Prisonnière de mes émotions.

Comment entendre si on ne dit ?
Comment vivre face à son miroir ?

Peu à peu, la peau se resserrait, m’étouffait, me tuait.
Jusqu’au jour où l’on parle, on écoute, on entend, on agit.

On se sent porté, écouté, aimé.
On nous donne la force.

Et la peau peu à peu disparaît.
Elle est moins rêche, moins puante, moins suffocante.
Et plus on dit, plus elle devient douce et réconfortante.

C’était une peau de chagrin que je trainais
Comme une vieille guenille.

Peu à peu, la peau est devenue mienne.
Peu à peu, la peau est devenue belle, luisante.

Chaque jour je faisais corps avec cette peau qui était la mienne
Et que j’avais oubliée.

J’étais une peau de chagrin,
Un manteau de solitude,
Une peau vieille, dure et tiraillée.

Mais les mots ont tout nettoyé.
Et les maux ne sont plus prisonniers.
Je les entends, les partage,
Et ils s’envolent au loin.

On a tous une peau, lisse, dentelée, cabossée,
Une peau de chagrin, une peau de colère, une peau de peur…
Si ton manteau est trop lourd, c’est qu’il ne t’appartient pas.

Change de peau,
Fait s’envoler tous tes maux,
Et ton reflet n’en sera que plus beau.

Virginie Scalera

 

Ode à la vie

Ode à la vie

Ode à la vie,
Ode à l’envie,
Ne plus rêver sa vie
Mais vivre de ses rêves.

Se nourrir de ce que l’on nait,
Faire danser ses pensées
Sur un air tendre et souriant.

La nature à mes pieds
Et tout mon être entend.
Je te retrouve et t’emmène,
Je ne te laisserai plus tomber.

A la brume légère et la douce lumière,
A ce que je deviens, ce que je suis et serai,
Aux empreintes de pas qu’enfant sur le sable j’ai laissées,
A ce chemin que je suis maintenant les yeux fermés.

A mes maladresses, mes doutes je dis adieu,
Envolés dans un éclat de rire,
Je ne suis plus seule.

Aux émotions qui passent et ne me laissent plus chavirer,
Le gouvernail dans les mains, je vole légère et libérée.

Tu m’as manqué inspiration,
Tu étais devenue suffocation.
Te voilà enfin et je t’entends.

Merci à la douceur et la force,
Aux croyances qui ne sont plus,
A chaque instant que je savoure,
Ni hier, ni demain,
A cet instant précis.

A cette place que j’ai retrouvée,
A ce chagrin qui chaque jour se dissipe,
A l’amour que je porte et transporte,
A ce guide que j’ai et que je suis.

Je ne sais où, ni comment,
Je suis ancrée dans le présent.
Mon corps, mon cœur, mon âme,
Mon tout en un instant.

A ma muse, qui s’amuse et rit,
A cet enfant qui sourit.
Aux souvenirs qui me reviennent,
Comprendre ma vie, comprendre ma peine.

A votre cœur, votre patience et votre compréhension,
A l’écoute, à l’amour et au pardon.

Au soleil et la brise qui m’entoure,
Aux étoiles qui brillent dans nos yeux,
A la fraîcheur des matins d’été.

A la source pure et limpide,
A l’eau qui suit son cours et s’enrichit.
Au calme des jours de neige,
A ce que le printemps renouvelle et fait éclore.

Virginie Scalera